« Sans réaction rapide, l’Europe sera musulmane dans peu de temps ! »

Le père Georges Haddad est le curé de Yabroud, ville du diocèse de Homs, en Syrie.

Votre ville est aujourd’hui libérée de la présence islamiste. La guerre est-elle finie pour vous ?

Les habitants sont massivement rentrés et c’est une excellente nouvelle pour la ville, la communauté et le pays ! La guerre n’est pas finie dans le pays et la région n’est pas encore totalement débarrassée de cette présence hostile. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous n’avons pas encore fait revenir les icônes dans notre cathédrale. Nous les avions mises en lieu sûr au début de la guerre ; nous attendrons que la région soit définitivement nettoyée avant de les faire revenir.

Votre cathédrale a-t-elle été endommagée ?

Non. J’avais fait protéger l’église par des musulmans armés que je payais pour ce service. Résultat, les djihadistes n’ont jamais pu y entrer. Dans les églises où ils sont entrés, ils ont tout pillé : les seules icônes ou statues qui restent sont très endommagées : les visages sont souvent grattés et les croix systématiquement détruites.

Quelle a été votre attitude pendant la guerre ?

Au début, les chrétiens entretenaient de bonnes relations avec les musulmans de Yabroud. C’est lorsque les djihadistes d’Al Nosra sont entrés que j’ai commencé à faire fuir les chrétiens. Au début, nous avions payé l’impôt qu’ils réclamaient pour assurer notre protection. Nous avons cessé de le faire lorsque notre sécurité n’a plus été assurée. À cette époque, il ne restait que 19 des 3 500 chrétiens de Yabroud.

Votre ville a-t-elle souffert des combats ?

Beaucoup moins que d’autres villes. Yabroud a été protégée par la Sainte Vierge, mais également par le Hezbollah. En 2006, nous avions accueilli beaucoup de Libanais qui fuyaient le sud du Liban attaqué par Israël et le chef du Hezbollah ne l’avait pas oublié. Ils ont donc libéré la ville sans combats trop violents.

Quelle est votre espérance aujourd’hui ?

Pour la Syrie, mon espérance est grande, malgré toutes les difficultés. Pour les chrétiens de Syrie, je suis parfois plus inquiet, parce que certains commencent à penser que cette région n’a pas de place pour eux. C’est, bien sûr, faux, mais c’est une réalité difficile à gérer pour nous. C’est pour l’Europe que je suis vraiment pessimiste : l’afflux massif de musulmans accueillis sans distinction aura pour conséquence l’islamisation rapide de vos pays. Sans réaction, la conséquence est inéluctable. L’Europe deviendra musulmane dans très peu de temps.

Quel message voudriez-vous adresser aux chrétiens d’Occident ?

Le message que je voudrais adresser à toute l’Église d’Occident, c’est d’utiliser enfin ses forces politiques pour protéger les chrétiens d’Orient. Même si les États occidentaux sont laïques, l’Église a une influence. Il y aura bientôt des élections en France et l’Église doit pousser les chrétiens à ne pas choisir les candidats qui ne sont pas engagés dans la défense des chrétiens d’Orient.