Soudan : acharnement contre une église évangélique

Le plus pitoyable dans cette affaire, c’est que cette église a le droit pour elle, un droit reconnu par les tribunaux soudanais…
Mais la République (islamique) du Soudan est décidément tout, sauf un État de droit !

Des chrétiens du Soudan demandent que l’on prie pour l’Evangelical Church de Bahri (connue également sous le nom de Khartoum Nord). Le 7 juillet, la police a placé en détention 14 membres de l’Église, dont beaucoup en sont des dirigeants. Bien que le procureur ait ordonné leur libération dans la soirée, ils sont toujours détenus.

En mars 2013, l’Église découvrit que des membres d’une commission chargée de ses biens avaient commis des fraudes, et elle les expulsa. Quelques-uns de ces membres se plaignirent auprès du gouvernement. Voyant là une occasion de diviser l’Église, le gouvernement « réinstitua » les membres exclus bien que le gouvernement n’ait aucune autorité pour nommer des membres d’une commission dans cette Église. L’Église refusa de reconnaître cette « commission » et traîna le gouvernement devant les tribunaux. En août 2015, le Tribunal administratif rendit un jugement en faveur de l’Église et déclara la « commission » illégale.

Depuis 2013, cette « commission » nommée par le gouvernement a vendu des parties du terrain de l’Evangelical Church à des hommes d’affaires liés au gouvernement. On a enregistré plusieurs incidents, ces hommes d’affaires venant sur le terrain de l’Église, sous protection policière, pour en détruire des parties. À plusieurs reprises, les membres de l’Église qui protestaient contre ces pratiques ont été interpellés. Ces pratiques se sont poursuivies même après que le tribunal a déclaré illégale cette « commission ».

Récemment, cette « commission » illégale a vendu une école appartenant à l’Église à des hommes d’affaires. Le 7 juillet, ils se présentèrent sur les lieux pour prendre possession du bâtiment. Alors que des dirigeants de l’Église objectaient que la vente était illégale, la police survint et interpella 11 membres de l’Église. […] Après l’intervention de l’avocat de l’Église, ils furent tous relâchés.

Retournant sur le terrain de l’Église, ils constatèrent que le bâtiment de l’école avait été cadenassé. Des membres de l’Église brisèrent les cadenas pour pouvoir entrer dans l’église. La police se rendit de nouveau sur les lieux et procéda à l’interpellation de 17 personnes dont 6 qui avaient déjà été interpellés précédemment de même jour. Parmi les interpellés, figuraient trois membres de la commission illégale. Ils furent très vite relâchés. Les 14 autres interpellés demeurent toujours en prison.

Source : Middle East Concern – CH pour la traduction.