Thaïlande : la situation intolérable des chrétiens pakistanais demandeurs d’asile

Refugees react after Nobel Peace Prize winner Aung San Suu Kyi left their Mae La refugee camp, where tens of thousands of her compatriots live, near Mae Sot at the Thailand-Myanmar border June 2, 2012. Suu Kyi's visit to Thailand, which received widespread media coverage, was her first trip outside Myanmar in 24 years, 15 of which were spent in detention under the junta. REUTERS/Damir Sagolj (THAILAND - Tags: POLITICS)

Le vendredi 4 septembre, à l’occasion d’une visite au Centre de rétention des réfugiés de Bangkok, Lord Alton of Liverpool, membre indépendant de la Chambre des Lords […] a pu rencontrer des chrétiens pakistanais qui y sont détenus.

L’un d’eux lui a dit qu’avec son fils de six ans, ils partageaient une cellule avec 95 autres hommes adultes et garçons, et qu’il ne lui était permis de voir sa femme et ses autres enfants, confinés dans un autre endroit du Centre de rétention, qu’une fois par semaine et seulement pendant une heure.

Dès juillet dernier, Wilson Chowdhry, président de la British Pakistani Christian Association (BPCA), avait attiré l’attention sur la situation épouvantable qu’endurent les chrétiens pakistanais demandeurs d’asile et qu’il avait pu constater lorsqu’il s’était rendu en Thaïlande au mois de mai […].

Au moins 8 demandeurs d’asile sont morts cette année, du seul fait de leur incapacité à payer des traitements médicaux. Des familles ont été arrêtées parce que leurs visas étaient expiré, les hommes séparés des femmes et tous entassés dans des cellules de détention si surpeuplées qu’ils sont obligés de dormir les uns sur les autres ou debout.

Pour pouvoir obtenir leur libération et l’assurance de ne pas être de nouveau arrêtés pendant une période de deux ans, ces familles sans moyens financiers et indigentes doivent régler une amende de près de 1 260 €.

En raison de la surpopulation [du Centre de rétention], des [chrétiens pakistanais] ont été transférés à la prison centrale : ils y sont les chaînes aux pieds, en compagnie d’assassins et de violeurs. S’ils veulent être libérés, il leur en coûtera environ 5 € par jour de dépassement de la durée de leur visa et sans garantie de ne pas être, de nouveau, arrêtés une fois sortis.

Lors de sa visite organisée avec l’aide de l’association charitable pour les enfants Jubilee Campaign, Lord Alton a eu des entretiens avec le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Il a pu présenter aux officiels une pétition lancée par les responsables chrétiens pakistanais de Bangkok, un dossier de preuves documentant l’épouvantable surpopulation, les délais excessifs pour traiter des demandes d’asile, le manque de personnel et de ressources du UNCHR, la vulnérabilité de la situation des femmes et des enfants, l’absence d’assistance légale pour les détenus, le refus de toute éducation aux plus jeunes et des preuves montrant comment est niée la violence sans cesse croissante au Pakistan contre les chrétiens. […]

Lord Alton a déclaré que « l’exode [des chrétiens] du Pakistan était causé par la haine viscérale et le mépris fanatique des droits des minorités. Dans un pays où un courageux ministre des Minorités, Shahbaz Bhatti, peut être assassiné en plein jour, où des églises sont touchées par des attentats à la bombe, où une femme illettrée [Asia Bibi] peut être condamnée à mort sur l’accusation d’un prétendu blasphème, où un mari et sa femme peuvent être brûlés vifs devant leurs enfants, […] il n’est pas très surprenant que des chrétiens fuient leur pays pour sauver leurs vies. Mais leurs souffrances sont doublement aggravées quand la communauté internationale est défaillante à prendre le relais dans la défense de ceux qui ont enduré une souffrance et une violence aussi impitoyables. »

Source : BPCA – © CH pour la traduction