The American Catholic : qui sont les christianophobes ?

L’auteur catholique états-unien – Faith with Good Reason (Habitation of Chimham Publishing, 2016) – et blogueur – Two Catholic Men and a Blog – Ben Butera est revenu, dans une chronique du 22 octobre parue sur le blogue The American Catholic, sur un incident christianophobe survenu au début du mois d’octobre lors de la rentrée universitaire du Balliol College (Université d’Oxford), et dont l’Observatoire de la Christianophobie a traité le 11 de ce mois. Sous le titre « Qui sont les christianophobes ? », Ben Butera commente une forme de “deux poids, deux mesures” particulièrement détestable mais, hélas, fort répandue…

Si quelqu’un voulait interdire la présence d’un groupe musulman lors d’un salon d’orientation pour étudiants en quelque université que ce soit, au motif que la présence d’un tel groupe serait susceptible d’écarter des étudiants d’une autre religion et de constituer une micro-agression, je subodore qu’une telle personne pourrait être qualifiée d’islamophobe.


Si une autre personne voulait interdire à un groupe de défense des droits des gays de participer à ce même type d’événement parce que la présence d’un tel groupe écarte-rait les étudiants ayant d’autres orientations sexuelles et qu’il cons-tituerait aussi une micro-agression, je suppose qu’une telle personne pourrait aussi être qualifiée d’homophobe.
La même logique pourrait aussi s’appliquer à tout groupe afro-américain, sauf que le mot « raciste » serait le mieux choisi ou, peut-être, celui de « lamentable ».
Tous ces exemples reviennent à dire que vous-même ou/et votre système de croyance n’y sont pas les bienvenus et qu’on ne vous y autorise pas à recruter des adhé-rents. Que se passerait-il s’il s’agissait d’un groupe athée ? Je suis sûr que ça sentirait le brûlé, même si le mot « athéistophobe » ne roule pas très bien sur la langue.
Pour certains, la logique ne semble pas se dérouler sans heurts lorsque le groupe est un groupe chrétien. Quand une des facultés de l’Université d’Oxford a banni les membres de la Christian Union lors du salon d’orientation pour ses nouveaux inscrits, au motif que cela écarterait les étudiants ayant une autre religion et constituerait une « micro-agression », je ne crois pas que les médias aient assailli l’Internet et les ondes aux cris de « christianophobes »… À vrai dire, je dois déclarer que cet acte de l’organisateur constitue plus une macro-agression qu’une micro-agression.
Pour ajouter l’insulte à l’injure, l’organisateur a argué que « l’utilisation historique du christianisme comme “justification à l’homophobie et à certains types de néo-colonialisme”, donnait le sentiment que des étudiants pourraient ne pas être les “bienvenus” dans leur nouvelle faculté si la Christian Union y avait un stand ». Imaginez un peu si cette même citation était utilisée pour se référer à un groupe musulman.
Face à ce qui est peut-être une nouvelle ère d’attaque directe contre la liberté religieuse, avoir une pensée claire sur l’inclusion devient particulièrement impératif. Sans clarté, le nuage de pensées confuses qui se gonfle de toute cette « inclusion par intolérance », va très vite transformer le christianisme en fumée secondaire dans la société. Comme peuple nous ne tuons ni n’arrêtons les fumeurs : nous nous contentons de les culpabiliser et de nous assurer qu’ils sont opportunément hors de notre chemin.

The American Catholic, 22 octobre – CH pour la traduction.