Trump : un décret présidentiel favorable aux chrétiens

Le Président Donald Trump a promulgué, le 4 mai dernier, un décret présidentiel « promouvant la liberté d’expression et la liberté religieuse », signe que l’une comme l’autre avaient été mises à mal au cours des huit années du mandat de Barack Obama. C’est un soulagement pour les chrétiens aux États-Unis qui ont publiquement félicité Trump de cette initiative qui était une de ses promesses de campagne. Mais certains ont exprimé quelques réserves sur les manques constatés dans le décret. C’est le cas de Bill Donohue, président de la Catholic League, qui s’en est ouvert dans un communiqué publié le même jour.

Il convient de féliciter le Président Trump d’avoir, par son sou-tien, élargi la liberté religieuse à un droit constitutionnel prééminent.

Mais, et c’est regrettable, le décret présidentiel est dépourvu du type de mordant auquel on s’attendait : le projet qui avait fuité en février dernier était plus détaillé.

La partie la plus significative du décret présidentiel traite de l’Amendement Johnson. Ses dispositions permettent à l’IRS [Internal Revenue Service (direction fédérale des impôts)] de contester le statut d’exemption d’impôts pour les églises et les organisations religieuses sans but lucratif, si elles soutiennent des candidats à des fonctions publiques ou si elles interviennent directement dans le processus politique. Les responsables évangéliques ont fait des pressions pour que cette interdiction soit abolie.

Certains observateurs ont souligné qu’il était très rare que l’IRS retire à des organisations religieuses leur statut d’exemption d’impôts et donc que cette affaire était exagérée. C’est ne pas comprendre la chose : [l’IRS] cherche à intimider ces groupes et souvent de manière plutôt sélective. J’en sais quelque chose.

En 2008, juste après l’élection d’Obama, l’IRS a tenté de m’intimider : j’étais accusé d’avoir violé ses règles sur l’activité politique. […] J’ai campé sur mes positions et rien de substantiel n’est sorti de cette affaire. Mais le fait que l’IRS ait essayé de réduire au silence (et d’autres comme moi) ne peut pas être rejeté comme une chose anodine.

C’est au Congrès d’abolir l’Amen-dement Johnson, mais ce qu’a fait Trump n’est vraiment pas inutile. Son initiative démontre que son gouvernement n’imposera pas cet-te disposition de l’IRS, ce qui en affectera l’essence même.

En plus, il a ficelé cette affaire de telle manière qu’elle soit abolie par le Congrès. En bref, Trump a fait ce qu’il a pu, ce dont nous lui sommes reconnaissants.

D’autre part, il y a un dessous à cette abolition de l’Amendement Johnson. Beaucoup de fidèles ne veulent pas que leurs églises de-vien-nent des lieux du cirque politique, et les responsables religieux comme moi-même, ne veulent pas davantage être intimidés par des Républicains ou des Démocrates qui veulent nous embarquer avec eux. L’Église est faite pour le culte, pas pour la politique.

Sur l’un des problèmes les plus importants pour les catholiques – garantir des droits de la conscience et permettre aux organisations catholiques sans but lucratif d’exercer leurs prérogatives doctrinales sans en être sanctionnés –, le décret présidentiel n’offre pas le type de précisions qu’on en attendait. […] Quoi qu’il en soit, il envoie le signal qu’il fallait aux agences gouvernementales : quand on applique la loi, il faut que le principe de liberté religieuse soit prioritaire.

Nous pouvons assurément espérer que le gouvernement Trump garantira que des organisations catholiques sans but lucratif comme les Petites sœurs des pauvres finiront par être débarrassées du fardeau des pressions pernicieuses que des avocats leur ont imposé pour les couper de leur mission. […]

Il y a encore plus à faire pour garantir la liberté religieuse : le Congrès doit agir et les tribunaux fédéraux défendre les droits des personnes et des organisations religieuses, contenus dans le Premier Amendement. Mais nous pouvons au moins remercier le Président Trump pour orienter des agences du gouvernement dans la bonne direction.

Catholic League, 4 mai – © CH pour la traduction.