Turquie : protestation des Assyriens contre les spoliations à Mardin

Il faut croire que la Turquie n’est pas entièrement satisfaite du génocide qu’elle a commis contre les Assyriens entre 1914 et 1920. Rappelons qu’il fit sans doute 750 000 morts, soit 70 % de la population assyrienne qui résidait sur ses terres mais à l’intérieur de la Turquie. Après le génocide, le mémoricide ! La spoliation de propriétés religieuses chrétienne à Mardin vise rien moins que d’effacer jusqu’à leur mémoire sur leurs territoires historiques. Paradoxalement, c’est l’ANF (Ajansa Nûçeyan a Firatê, une agence d’information kurde basée aux Pays-Bas) qui traite de la protestation des Assyriens…


Le gouvernorat de Mardin a récemment remis à la présidence des Affaires religieuses puis aux services du Trésor plus de 50 églises, monastères et cimetières syriaques. Les Assyriens et les Syriaques ont vivement réagi à cette spoliation de leurs propriétés.
Les organisations religieuses et laïques des communautés assyriennes et syriaques ont déclaré qu’elles n’acceptaient pas l’usurpation de propriété de leurs églises, monastères et cimetières, et ont exhorté ceux qui ont saisi leurs propriétés de les rendre aux fondations syriaques.


Les organisations assyriennes et sy¬ria¬ques se sont réunies à Stockholm, capitale de la Suède, pour consti¬tuer un comité destiné à obtenir la restitution de leurs propriétés. Le comité vient de décider d’adresser une lettre aux autorités turques.
Sait Yıldız, membre du comité et représentant de l’Organisation démocratique assyrienne, a déclaré que les efforts se poursuivront jusqu’à ce que les autorités turques restituent les propriétés spoliées.
Une délégation de trois personnes, agissant au nom des Églises et organisations syriaques, a rendu visi¬te à l’ambassadeur Kaya Türkmen pour lui exprimer leurs exigences et lui ont remis une copie de la lettre qu’ils s’apprêtent à adresser aux autorités turques.
Dans cette lettre, destinée au Président et au Premier ministre turcs, les organisations assyriennes et syria¬ques rappellent qu’ils constituent des communautés parmi les plus anciennes et qu’elles ont fondé de grandes civilisations, mais qu’elles ont été contraintes de quitter leurs terres à cause des pressions et des attaques.
La lettre souligne que l’usurpation par l’AKP [Parti de la justice et du développement, au pouvoir en Turquie] des propriétés syriaque, cons¬titue, selon toute vraisemblance, une violation de la Convention européenne des droits de l’homme et des droits à la propriété et à la religion garantis par la Constitution de la République de Turquie, et que cette usurpation pourrait avoir des conséquences désastreuses.

ANF News, 29 août – traduction CH.