Un chrétien iranien égorgé pour sa foi… En France !

Voici un entretien avec un missionnaire protestant particulièrement présent et actif dans le camp de migrants de Grande-Synthe, à quelques kilomètres de Dunkerque. Il est à l’origine de la révélation fin janvier d’une tragédie qui s’y est déroulée le mois précédent. Pour des raisons évidentes, nous maintenons l’anonymat de notre interlocuteur que nous remercions de sa confiance.

De quelle origine sont les migrants qui habitent ce camp et que représentent, en nombre, les chrétiens qui y vivent ?

Principalement des Kurdes d’Irak, mais aussi des Iraniens. Ce sont surtout ces derniers qui se convertissent massivement. Ils manifestent beaucoup d’intérêt pour l’Évangile. Nous les connaissons bien et pensons sincère leur conversion : c’est au péril de leur vie ! Les chrétiens sont ultra-minoritaires. Certains étaient déjà chrétiens en arrivant, d’autres le deviennent. Ces personnes fuient des situations épouvantables dues en bonne partie à une pratique rigoriste de l’islam. Elles ont soif de connaître autre chose. Le Dieu d’amour qui pardonne, aime et demande d’aimer son prochain (y compris le migrant !) comme soi-même, ce Dieu qui se révèle en Jésus-Christ représente quelque chose de complètement nouveau et de merveilleux pour beaucoup d’eux.

Vous avez alerté l’opinion publique sur une tragédie dont le camp a été le cadre en décembre dernier. Pouvez-nous nous en préciser les détails ?

La situation des migrants chrétiens de Grande-Synthe est préoccupante et devient particulièrement critique. Ils ont été malmenés la nuit du lundi 14 au mardi 15 décembre : plusieurs ont reçu des coups de couteaux… L’un d’eux a été tué aux abords du camp. D’autres persécutions contre les Iraniens chrétiens avaient eu lieu précédemment. Un Iranien qui était déjà chrétien en arrivant, avait reçu des coups de couteau et a été hospitalisé. Il est depuis passé en Angleterre.

Cet iranien, prénommé Mohammed, l’avez-vous personnellement connu ? Était-il chrétien avant d’arriver dans ce camp ou s’est-il converti au cours de son séjour ?

Oui nous l’avons connu, il s’est converti grâce à un chrétien de Dunkerque qui lui a présenté l’Évangile. Il avait 19 ans. Nous ne savons pas ce qu’est devenu son corps : plusieurs informations contradictoires ont circulé.

Le cabinet du maire de la commune de Grande-Synthe aurait verbalement démenti la réalité de cet assassinat. Qu’en pensez-vous et maintenez-vous votre information ?

Oui nous maintenons cette information. La commune a été informée. Il y a aussi eu enquête policière et arrestation des coupables. Mais nous n’avons pas eu connaissance des suites depuis.

Connaissez-vous des réfugiés qui ont été témoins oculaires de cet assassinat ?

Oui. Un réfugié iranien musulman que nous connaissions bien, et qui depuis a réussi à passer en Angleterre, a vu la mise à mort rituelle de ses yeux. On a égorgé Mohammed parce qu’il ne voulait pas revenir à l’islam. D’autres ont été attaqués cette même nuit par les mêmes islamistes : certains sont encore hébergés chez nous.

Cette affaire a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, pourtant aucun communiqué officiel de la préfecture, de la police ou de la mairie n’a été publié. Pourquoi selon vous ?

C’est un peu comme les viols à Cologne : les autorités sont embarrassées et ne dévoilent certaines informations que quand elles y sont contraintes. Elles veulent aussi certainement limiter des réactions excessives ou des actes de “vengeance”. Le Figaro a publié une information concernant ce meurtre le 28 janvier.