Un haut responsable militaire assyrien assassiné par des miliciens kurdes en Syrie

Le 22 avril, deux responsables locaux assyriens de la région de Khabour en Syrie ont été attaqués et enlevés de chez eux par des membres de la milice kurde connue sous le nom de YPG [Yekîneyên Parastina Gel, Unités de protection du peuple].

David Gindo et Elias Naser étaient de hauts responsables des Assyriens de Khabour, Naser étant le chef de la milice assyrienne de la zone. […]
Au matin du mercredi 22 avril, des hommes armés des YPG ont tendu une embuscade à David Antar Gindo et Elias Naser. David a été tragiquement tué dans l’attaque et Elias a été transporté, dans un état critique, à l’hôpital de Kameshli [au nord-est de la Syrie]. Plusieurs jours après avoir été admis à l’hôpital, Elias Naser a écrit les détails de l’attaque (ayant été blessé à la gorge, il était dans l’incapacité de parler). Selon le témoignage d’Elias Naser, l’attaque s’est déroulée comme suit :
Le 22 avril, peu après 23 h, Elias Naser et David Gindo se sont retrouvés au domicile du premier où ils ont été confrontés à cinq individus des YPG exigeant de parler avec eux. […]
Les hôtes kurdes […] les ont informés que les chefs des YPG voulaient s’entretenir avec eux au sujet du pillage [de villages assyriens par les YPG] […]. Faisant confiance à ce qu’il leur avait été dit, Elias Naser et David Gindo ont accepté de partir avec les hommes des YPG. […]

Une fois arrivés sur place, ils furent entravés par des cordes et David Antar Gindo fut battu et torturé. Les membres de YPG accusèrent à tort Elias Naser et David Gindo de collaboration avec l’EIIL [État islamique en Irak et au Levant] et le régime d’Assad.
Ces accusations sans fondement étaient le prétexte pour prendre le contrôle du Conseil assyrien des gardiens de Khabour [Khabour Assyrian Council of Guardians], un contrôle commençant par l’élimination de sa direction.

Après avoir sévèrement battu David Gindo, les hommes armés des YPG l’entraînèrent, ainsi qu’Elias Naser, dans un endroit hors des routes, proche du village de Jumayla et adjacent au barrage sur l’Euphrate (appelé aussi barrage Assad). Les hommes des YPG exécutèrent d’abord à bout portant et de sang-froid David Antar Gindo, puis tournèrent leurs armes vers Elias Naser.
Il était, se souvient Elias, environ 2 h 30 du matin.

Heureusement pour Elias Naser, la balle qui devait le tuer le toucha à la gorge et il tomba sur le ventre comme s’il avait été tué. Bien que les hommes des YPG continuassent à tirer et à lui donner des coups, Elias Naser demeurait sans réaction et ils le tinrent pour mort. Reprenant ses esprits, Elias Naser attendit que ses assaillants se soient éloignés, puis il réussit à se libérer des cordes qui lui liaient les mains, rampa sur environ 500 m vers une grande route, où une voiture qui passait le mena à l’hôpital.

Les hommes armés des YPG volèrent aussi au domicile d’Elias Naser, une somme de 750 000 livres syriennes, 35 fusils AK47 et quelques mitrailleuses de type PKC.
Présentement, Elias Naser se remet dans un endroit tenu secret, heureux d’être vivant, mais pleurant toutefois la perte de son ami David Antar Gindo.
La Fédération assyrienne de Suède et la Fédération assyrienne d’Allemagne condamnent cet acte de haine commis par la branche armée du [PKK] […].

Il devient évident que les Assyriens sont étouffés entre l’EIIL et les groupes politiques kurdes impatients d’occuper la terre et les villages assyriens.
Nous faisons appel aux gouvernements occidentaux pour qu’ils envoient directement aide et soutien aux Assyriens de Syrie et d’Irak.