Une église détruite dans la jungle de Calais

Il y a quelques jours, le gouvernement français donnait l’ordre de détruire deux lieux de culte dans la jungle de Calais : une mosquée et une église.

La préfecture s’était pourtant engagée à ne pas toucher à ces édifices, puisqu’ils ne figuraient pas dans la « bande des 100 mètres », cette zone du camp située à l’extrémité, le long de la rocade, et qui sert désormais à la police pour anticiper les assauts éventuels de migrants sur la route.
Lundi 1er février au matin, les bulldozers ra¬saient donc la mosquée et l’église. Le président d’une des associations humanitaires présentes dans le camp, l’Auberge des migrants, réagissait immédiatement : « Les autorités méprisent les associations et recherchent le conflit avec les migrants qui, en tant que personnes croyantes, fréquentaient ces lieux. »
Le gouvernement a sans doute pensé que l’église et les cinq mosquées restantes suffi¬raient aux personnes actuellement logées dans la jungle.
Un raisonnement qu’il applique partout ailleurs en France, détruisant régulièrement des églises délaissées, sans s’attirer les foudres de ces mêmes associations, apparemment plus préoccupées par les sentiments religieux des migrants que des Français eux-mêmes.

Ce rejet de la transcendance a pourtant la même signification, effectivement blessante, à l’intérieur ou à l’extérieur de la jungle.
À quelques pas de l’entrée de l’église orthodoxe qui demeure aujourd’hui dans le camp, un jeune Éthiopien confie sa perplexité : « Nous savons ce que nous devons à la France, mais comment est-il possible que votre gouvernement respecte si peu Dieu qu’il détruise ses sanctuaires ? »
Parti d’Éthiopie pour des raisons « politiques », ce jeune homme n’a pas eu peur de qualifier ces destructions de « persécution ».

C’est dire s’il faut être habitué aux folies de la « religion » laïque pour ne plus réaliser la violence de telles décisions. C’est dire aussi combien ces migrants igno¬rent tout de l’Europe qu’ils rejoignent, et le peu d’estime qu’ils pourront avoir pour un pays qui se détruit lui-même. Sachons voir par leurs yeux cet¬te réalité si dérangeante : notre détresse spirituelle.

Faustine des Lys
fdeslys@christianophobie.fr