Yémen : révélations sur le martyre des religieuses d’Aden

Assist News Service a mis en ligne un article reprenant des déclarations de la supérieure du couvent d’Aden des Missionnaires de la Charité, seule rescapée de cette communauté religieuse massacrée par des djihadistes le 4 mars dernier.

Sœur Sally, supérieure des Missionnaires de la Charité, congrégation fondée par Mère Teresa, a miraculeusement survécu à l’attaque menée par l’État islamique (EIIL [État islamique en Irak et au Levant]) contre un couvent et un foyer pour personnes âgées au Yémen, attaque qui a coûté la vie à quatre religieuses et à douze autres personnes.

Le vendredi 4 mars, tôt le matin, sœur Sally fut sous le choc lorsque cinq jeunes chrétiens éthiopiens se précipitèrent vers les sœurs pour les alerter que l’État islamique arrivait pour les tuer. Évidemment alarmées, les religieuses, deux par deux, coururent dans différentes directions.

Des employés du foyer pour personnes âgées hurlaient : « Ne tuez pas les sœurs ! Ne tuez pas les sœurs ! »
« Ils attrapèrent d’abord les sœurs Judith et Reginette, les ligotèrent et leur tirèrent dans la tête, puis leur écrasèrent la tête » selon une narration de sœur Sally obtenue par The Clarion Project. Puis les sœurs Anselm et Marguerite furent attrapées et sauvagement tuées de la même manière […].

Les terroristes étaient entrés dans le foyer pour personnes âgées, qui héberge 80 personnes, en persuadant le garde de faction au portail qu’ils voulaient rendre visite à leur mère âgée. Ayant obtenu de pouvoir entrer, ils abattirent le garde et commencèrent à se rendre de chambre en chambre, ligotant leurs victimes avant de leur tirer dessus et de leur écraser la tête […].

Sœur Sally voulut courir au couvent pour prévenir le Père Thomas [Uzhunnalil, prêtre indien salésien en résidence au couvent], mais réalisant que les combattants de l’EI[IL] étaient déjà là, elle décida de se cacher dans la chambre froide du foyer pour personnes âgées.

Les combattants de l’EI[IL] la cherchèrent partout, car ils savaient qu’il y avait cinq religieuses. À au moins trois reprises, ils vinrent à la chambre froide dans leur recherche de sœur Sally. Sœur Sally n’y était pas cachée, mais se tenait debout derrière la porte : ils ne la trouvèrent pas. « C’est miraculeux » remarque [The Clarion Project].

Le Père Thomas fut jeté dans une voiture par les combattants de l’EIIL et conduit vers un lieu inconnu. Des rumeurs ont circulé sur Internet disant qu’il serait crucifié par les extrémistes le Vendredi Saint [bobard immédiatement dénoncé comme sans fondement par les autorités salésiennes].

Avant l’attaque, […] le Père Thomas avertissait presque quotidiennement les religieuses d’avoir à se préparer au martyre.

Seize personnes ont été tuées dans l’attaque, y compris quatre des cinq religieuses. L’État Islamique a ciblé cette maison et sans doute prévu le moment où toutes les religieuses seraient présentes. « Les religieuses étaient si exactes [dans leurs habitudes quotidiennes] que l’EIIL savait exactement quand elles sortaient et quand investir [le lieu]. À cause de leur exactitude elles se sont trouvées au bon endroit et au bon moment quand vint l’Époux », fait remarquer la narration. Elle précise que cette congrégation féminine constituait « la seule présence chrétienne » à Aden et que « l’État islamique veut se débarrasser de tout ce qui est chrétien ».

« Elles sont de vraies martyres. Elles sont mortes parce qu’elles étaient chrétiennes. Elles auraient pu perdre la vie dans cette guerre, mais Dieu a voulu de manière claire qu’elles soient des martyres de la foi », déclare [sœur Sally].

En plus des horribles crimes qu’ils ont perpétrés, les djihadistes ont « écrasé et détruit » tous les objets chrétiens sur les lieux : tabernacle*, autel, crucifix, statues, Bibles et livres de prière.

Source : Assist News Service – CH pour la traduction.

* Plutôt que de tenter de fuir, le Père Uzhunnalil a préféré se précipiter dans la chapelle du couvent pour consommer les hosties consacrées qui se trouvaient dans le tabernacle, afin qu’elles ne soient pas profanées… (ndlr)